Mes premiers mots, dans ce Colloque sur l'effet de sens, promu par Errata,
je tiens à ce qu'ils soient de remerciement, remerciement pour l'invitation,
remerciement pour l'opportunité d'être ici, parmi vous, dans
cette belle Cannes. Bel...le Cannes... Vous saisissez? Je ne sais pas quelles
sont les liaisons entre les organisateurs de ce Colloque (les lecteurs de
Lacan) et la ville de Cannes, mais je crois qu'on peut dire que le signifiant
s'impose.
De façon que me voici, je viens de traverser un océan
de langage pour être avec vous, pour mieux vous connaître, ainsi
que la psychanalyse que vous pratiquez, et aussi, dans la mesure du possible,
vous dire comment je l'entends. - Connaître! C'est ce que tout le monde
souhaite, je supose, bien, tout le monde qui est ici tout au moins, car,
nous le savons bien comme c'est difficile de parler du monde comme un tout.
Connaître, en tout cas, ce n'est pas le même que d'être
con, si vous me permettez le dire, l'envers n'a pas le même sens, personne
ne veut l'être, quoique on puisse être ainsi taxé quand
on n'assumes pas une position politiquement correcte. Toutefois, je ne crois
pas que personne puisse arriver à vraiment connaître quelque
chose sans reconnaître auparavant qu'elle la méconnaît,
sans qu'elle se reconnaisse un con (Lacan aurait dit un "dupe", n'est-ce pas?).
Eh bien, au travail!
Le sublime et le ridicule. Ce n'est pas difficile de reconnaître ces
mots, et ce sera encore plus facile de les placer dans un contexte. Elles
sont présentes dans un de ces mots d'esprit qui satirisent les différences
entre les voisins, car, enfin, c'est avec les voisins que nous devons toujours
nous confronter; il n'y a le moindre sens de rivaliser avec le lointain inconnu.
Freud parlait du complexe de Nebenmensch, de l'autrui. Mais
le mot d'esprit dont je vous parlais fut raconté a Freud par une skeptische
Patientin, et je suppose que cette histoire vous semble... comment dirais-je...benne
trovatta, c'est cela, l'histoire lui a semblé d'autant plus benne
trovatta qu'il l'a citée à deux reprises dans son oeuvre:
d'abord dans les conférences d'introduction, des années 15-17,
et puis, dans une longue note au pied de page ajoutée a Die Traumdeutung,
en 1919. La première fois qu'il la cite, Freud se soucie de distinguer
le contenu manifeste des rêves des pensées oniriques latentes,
et c'est le second des six exemples qu'il donne. Il s'agissait, comme vous
vous rappelerez, d'un detáil très petit d'un rêve, d'un
petit fragment dans lequel quelques personnes faisaient un compliment au
sujet du livre de Freud sur les mot d'esprit a cette patiente sceptique,
quand il apparait quelque chose concernant un 'canal', mais es ist ganz
unklar, tout est peu clair, obscur. Elle n'associe rien et Freud il
n'y a pas rien à faire! C'est seulement à la séance
suivante qu'elle lui donne les associations nécessaires pour qu'il
puisse dire - en associant avec le "rêve du chapeau au trois becs"
- que "l'élément manifeste c'est aussi un constituant des éléments
latents, quoique il soit just une petite part" . Freud y reconnaît
l'importance de la pars pro totum, ça veut dire l'importance
de la métonymie comme conductrice du désir.
L'association etait
un mot d'esprit qui avait lieu dans la conversation entre un écrivain
et un anglais dans le bateau entre Dover et Calais, quand l'anglais profite
de la situation pour citer la phrase "Du sublime au ridicule il n'y a qu'un
pas", et l'écrivain répond: "Oui, le Pas de Calais". Freud
y interpret que l'écrivain voudrait dire que la France etait grossartig,
grandiose, cependant l'Angleterre etait lächerlich, ridicule,
dérisoire.
Raconté le mot d'esprit, Freud s'arrêt dans l'examen de l'élément
manifeste qui était aussi constituant des éléments
latents: le mot "canal", et il spécifiait dans la conférence
VII que le Pas de Calais était le "canal anglais", tandis que dans
la note au pied de page du chapître VII - dans l'édition
brésilienne - il spécifiait que le canal était le "Canal
da Mancha". Deux fois le número sept, just ce sept qui est un
numéro spécial pour Freud! Aussitôt que...Achtung!
Et je me suis allé à la recherche de la lettre de Freud, où
je rencontre le même texte dans les deux lieux: "Der Pas de Calais
ist aber doch ein Kanal, der Ärmelkanal nämlich, Canal la Manche"
. J'imagine que les traducteurs brésiliens n'étaient
pas d'accord avec la traduction! Et pourquoi? Il me semblait s'agir de quelque
chose de très, très simple. Vous avez dû remarquer qu'en
portugais on dit "Canal da Mancha", et c'était une suprise
pour moi voir que Freud parlait d'Ärmel, Ärmelkanal.
En portugais je crois qu'on jamais dit "Canal da Manga". La
Manche a été transformé dans un nom propre géographique.
- Je vous demande de m'excuser de vous déranger avec ces intimités,
mais comme c'était un pas très important pour moi, je tiens
à le partager avec vous. Goethe disait qu'on n'apprend sa propre langue
qu'après en avoir appris une autre. En verité si la notre langue
c'est la maternelle, allors, à rigueur, elle n'est pas a nous, elle
est à l'Autre. Et ça veut dire qu'on doit toujours prendre
en considération la langue de l'Autre. J'ai l'espoir de parler de
cela, parce que je crois qu'il y a un rapport avec ma manière d'écrire:
je choisis un titre et après, je le persécute, pas très
exactement, mais un peu comme Da Vinci, qui croyait que la chose était
là; il suffirait de levare, et dans cette persécution
je me surprends moi-même nombreuses fois avec les découvertes
que ces petites manchettes me proportionnent. Et cette fois, il me semble
que j'ai eu um peu de chance: le court titre que j'entendais être sorti
de ma tête, m'est sorti de la manche, si je puis le dire! La magie
donc? Non, helás! C'est encore le signifiant. Peut être à
cause de l'homofonie entre Canal et Cannes, une fois que les deux commencent
avec le son de la consonne k, la mêmme k présente dans l'adjectif
skeptische avec lequel Freud a dénommé sa patiente.
Après, dans
une vieille encyclopédie, j'ai rencontré que les courantes
côtières faisaient de la Manche une mer très dangereuse,
et que ces courants sont favorisés par les vents d'Ouest, dominants
dans la Manche, et dont l'action presque permanente dans les côtes d'Angletere
et de la France, entraîne un climat d'une douceur remarquable dans
l'Europe Ocidentale. Et le meilleur des climats on ne le trouverait pas juste
ici, sur la Côte d'Azur? Mais Lacan rappelle opportunément que
le meilleur est l'ennemi du bon, et le bon c'est le vent, ce vent que dans
l'Ouverture de la Séanse Clinique, il l'utilise pour
composer le divan, le "direvent". Et comme "quand on vanne, il y a des choses
qui s'envolent" une autre manche est restée à tourner, non
plus une Manche française, au contraire, non plus une région
escarpée batue par le vent et par la mer, il s'agit maintenant d'une
Mancha Castillane éparpillée sur la table, sur
la meseta pour être exact, par la plaine et poussiéreuse meseta
espagnole, touteafois toujours une manche, une manche mise au plat, comme
j'entends pouvoir le démontrer.
Vous savez bien qui
est sorti de la Manche: Dom Quixote. Otto Maria Carpeaux, un compatriote
de Freud qui s'est refugié au Brésil, détache dans
le Dom Quixote le contraste entre l'idéalisme livresque et
la réalité quotidienne comme provocateur du rire, en mentionnant
aussi, à côté de l'humour, la mélancolie de la
déception.
Il ne faut pas dire que le Dom Quixote rentre ici comme un éloge
de l'imaginaire, où nous trouvons une consistance pour traiter de
notre sujet. Si d'un côté l'imaginaire était comme un
bourbier d'où c'est difficile d'en sortir , d'autre part, on ne peut
pas oublier, que c'est le lieu ou toute la verité s'énnonçe,
soit comme Bejaung, soit comme Verneinung.
Mais pourquoi s'agit-il d'un imaginaire? Pourquoi nous sommes autour d'une
oeuvre imaginée? Non! Fondamentalement, il s'agit de l'imaginaire,
selon la proposition de Lacan, par sa consistance, car, si d'un côté
la consistance est propre de l'imaginaire, d'un autre côté
elle est strictement équivalante à celle du Symbolique ainsi
qu'a celle du Réel . Bien que vous sachiez ce dont je vous parle,
je veu vous dire qu'en ce moment, j'espere que ces consistances marchent
comme les cordes que Lacan dit avoir le pouvoir de nous aider a sortir des
bourbiers, qui sait même comme le fil d'Ariadne, et qui sait, il y
a toujours un espoir, comme les cordes barroques du Roi Dom Manuel qui favorisent
de nouvelles découvertes. Ça veut dire, nous parlons de comment
exploiter ces petits ronds de ficelle avec lesquelles nous pouvons construire
des noeuds, spécialement le noeud Borroméen.
Quand Lacan parle de consistance, il parle aussi de ex-sistence et de trou,
en disant qui si l'une est propre de l'Imaginaire, l'autre le sera du Réel,
tandis que le trou devrait caractériser le Symbolique, mais attention,
cette conclusion apparait par élimination, de façon que le trou
apparait lui-même comme un point d'interrogation par son rapport avec
le signifiant. Et ce n'est pas là qui Freud pose sa question?... Canal?
L'un des points qu'entrâine l'interrogation de Lacan c'est la question
du trou: le trou, est'il essentiel? Et il répond que non: "qu'est-ce
qu'un trou si rien ne le cerne?" L'important, c'est que chacun des registres
est dans le même rapport aux deux autres. Cela semble être le
fondamental de la consistance, car si nous prenons en considération
sa racine étymologique, nous rencontrons qu'elle advient du latin au
travers de la conjonction de sistere (une indication de lieu, de position,
d'occupation dans l'espace), avec la preposition cum (avec).
Cela veut dire que la consistance implique dans une position, dans un lieu,
dans un espace près de quelque autre chose, laquelle est requérie
par son soutient. On retire l'un des ronds et les autres ne se soutienent
pas. D'un autre coté, l'ex-sistence sémble resulter de la disjonction
provoquée par le tiret interposé entre sistere et ex.
Je dirais que l'apodose commune va définir une relation: l'ex-sistence
se définit par un rapport à une certaine consistance. "L'ex-sistence
n'est en fin de comptes que ce dehors qui n'est pas un non-dedans". De façon
que dans les espaces crées par ces nouements, car ce qui caracterise
un noeud c'est que les cordes se coincent, nous allons trouver, comme ex-sistant
au Réel, un effet de sens.
Ainsi, le sens repose au point le plus extérieur à une centralité
qui tient d'une jouissance, d'une jouissance d'un corps. C'est dans cette
direction que le sens sera somis par la religion comme un a priori offert
par Dieu. C'est dans ce point que Freud va coincider avec Virgile, malgré
Desargues ([Lyon, 1592-1621] dont les oeuvres ont eté publiées
un peu après la naissance de Freud, le 1864): flectere si nequeo
superos. En même temps que le rond de l'imaginaire rectifié
tend à l'infini, il est aussi de l'ordre de l'impossible, amenant
Freud à rénoncer à ce superos en direction à
l'inférieur, vers l'Acheronta, essayant movere, trouer ce Réel
qui n'est pas autre chose que le refoulé, à rigueur, le primairement
refoulé, le Urverdrängt. Si on prend en considération
Desargues, je crois que nous pourrons nous demander si Freud renoncé
vraiment au superos ou s'il se rend à peine au boucle que toute
droite faisait en un point à l'infini? Et dans son retour se trouve
la possibilité de blesser le Réel. Cela, d'ailleurs, me rappelle
un mot d'esprit que j'entendais l'autre jour: Un ivrogne se tient dans la
rue avec une clé à la main. Un passant l'observe, et comme la
scène ne se mue pas, il demande au ivrogne ce quil fait? L'ivrogne
répond: "Comme le monde tourne en rond, j'attends que la porte de ma
maison passe par ici!". Drummond, en écrivant sur le Drunken
Gentleman, de Carrá, nous rappelle:
"De Baudelaire o conselho:
É
preciso estar sempre bêbado.
Além
do imaginário e do real
é
preciso estar sempre sóbrio
para
pintar a bebedeira." (1)
Cela veut dire qu'il ne suffit pas d'attendre le retour, il faut compter
sur la sobriété du signifiant.
C'est dans ce sens que je comprends le béngayement (par aposiopèse)
de Lacan dans de séminaire inaugural du 10 décembre 74, quand
il parle de "ce noeud bobo...bobo...borroméen". "Bobo" dans la lalangue
française veut dire une "petite plaie insignifiante" et c'est
encore une expression enfantine pour parler d'une douleur physique. Je crois
qu'en portugais ça correspond au dodói, aussi une expression
onomatopéique. Vous savez que "plaie" correspond à une overture,
à un trou dans les chairs, les tissus, du à une cause externe
qui peut être un traumatisme ou une intervention chirurgicale; et cette
plaie commence par une petite indication au signifiant. Cela veut dire que
c'est par le signifiant que l'on peut trouer le Réel. Et cela à
travers de l'interprétation analytique qui "implique une bascule dans
la portée de cet effet de sens".
Comme a dit Geraldo Vandré dans une sorte de réponse au homme
ivre qui attend sa maison:
"Quem quer faz a hora,
Não espera acontecer". (2)
Il s'agit de cela, de trouer le Réel, aller a l'encontre du Réel,
avec l'aide du signifiant à travers l'interpretation. L'aller à
l'encontre, faire arriver l'heure, c'est une façon d'etablir un rapport
entre l'interprétation et le désir, car si le désir
c'est le désir de l'Autre, il ne s'agit que du désir c'est
son interprétation . Pourquoi? Bien, parce que s'il y a quelque possibilité
de le trouer, elle devra nécessairement être faite par l'Autre,
une fois que c'est à partir de l'Autre que le sujet est constitué.
De cette façon, trouer le Réel implique dans un mouvement dans
la direction de la constitution du sujet. D'une meseta pleine et poussiereuse
- une image de la stérilité - Cervantes a donné vie
à ce magnifique Dom Quixote. Autrement, Cervantes a fait cette
Manche stérile et inconnue parler au monde. Freud aussi a fait sa
Mancha parler, et c'est bien possible que pour lui, cela à été
plus facile, car ils lui ont offert un canal approprié. Par conséquent,
nous parlons d'un rapport entre le Symbolique et le Réel. Et il existe-t-il
ce rapport? Lacan répond: non! Voyons: ce qui fait que l'histoire d'un
hameau devienne universelle c'est le fait qu'elle contient quelque chose qui
concerne chaqu'un; plus chacun s'y reconnaît, d'une manière quelquonque,
plus elle sera universelle. C'est cela que font les classiques: ils nous
font tourner en rond, à tourner avec le monde, si vous voulez. Freud,
au contraire, il retire quelque chose qui est dans le monde a tourner e lui
reconnaît un statut particulier. Cependant Cervantes va du particulier
a l'universel, Freud va de l'universel au particulier, en retour. Mais en
tout cas, comme dit Lacan, nous restons dans l'imaginaire: "Si élaboré
qu'on le fasse, c'est à quoi l'analyse vous ramène, si élaboré
qu'on le fasse dans l'Imaginaire, on y est" . Et c'est ici que la topologie
nous permet de donner un pas. Lacan propose pour suprir la relation inex-sistent
entre le Symbolique et le Réel, la construction mathematique d'un
tore, dans l'occasión il fait reférence à un tore-boyau,
justemant par la possibilité offerte par la topologie du tore d'etablir
une différence entre une topologie implicite et la topologie explicite
de la sphère propiciatrice de l'Imaginaire. Le canal de Freud il
est aussi un tore. Maintenant, avec la construction du tunnel, cela reste
de cette façon plus evident, comme une manche que s'enroule. Avec
une canne aussi on peut faire un tore, je crois, c'est um peut dure si on
le prend comme tuyau, mais si on le prend en cuivre comme les cannes on eté
utilisées au transport du lait, se sera plus facile. Ah! l'Imaginaire
autre fois. En tout cas, pour moi, l'importance de la topologie du tore c'est
qu'elle fournit une idée de mouvement, un mouvement qui connote une
pulsation, une pulsation d'ouverture et de clôture de l'inconscient.
Dans la construction du noeud borroméen, Lacan déplace l'object
cause du désir construit par le parcours de la demande dans le vide
central du tore, vers l'espace entre les trois ronds, et l'importance de
cela, dans ce moment, c'est que, en sortant de l'Imaginaire, comme le lieu
de le pas-de-jouissance, nous aurons l'ex-sistence de la jouissance phallique
dans l'espace resultant de l'intersection du Symbolique et du Réel.
C'est la sexualité y présente qui ouvre la possibilité
de l'insertion de la pulsion dans l'inconscient. Lacan, dans Le Séminaire
XI, il parle des orifices du corps, passibles d'être des zones
erogènes, comme en avant une comunauté topologique avec l'inconscient,
ça veut dire, ce qu'ils ont en comun c'est justement cette structure
d'ouverture et de clôture. Le Réel, a son tour, sera ce qui
est hors du sens; Lacan fait même un jeu de mots en disant que le Réel
est l'aversion du sens; c'est dans ce sens qu'il est impossible. D'ailleurs,
c'est seulement quand s'eface tout le sens que l'ex-sistence se définit
. Et quel est l'ex-sistence qu'ainsi se définit? L'ex-sistence du Réel,
ça veut dire du phallus. Et, an ce moment, Lacan dit: ce qui reste
c'est le signifiant, c'est-à-dire le signifiant fondamental, et, car
de ce fait, "comme il est dépourvu de sens, il vient à se proposer
comme intervenant dans cette jouissance" . Lacan nous attire l'attention
sur cette bout de nez que surnage au discours, comme ce stoiceion, comme cette aiguille qui peut nous aider
a prendre des positions. Je crois que ne sera pas deplacé de rappeler,
an ce moment, que selon Freud le refoulement arrive sur la Vorstellungsrepräsentanz.
Et quand nous transposons l'expression de Freud dans nos langues latines,
nous la conjuguons basiquement à travers de deux expressions: le répresentant
et la représentation. Nous la dénominons, d'une façon
differente de celle proposée par Laplanche et Pontalis: le répresentant
de la représentation, et cela importe dans la mesure dans laquelle
nous pouvons poser le signifiant du coté du représentant, que
par lui même ne représente rien, ne signifie rien, il n'y a pas
de sens. Le signifiant, comme nous le savons, manque d'un autre signifiant
pour représenter le sujet. Tandis que du coté du représentant
on situe le signifiant, du coté de la représentation, on va
situer l'idée, la perception, la forme mental, tout cela enfin que
traduît l'eidoV, y compris le concept
et même le noumène, que n'est outre chose qu'un trou, le trou
du Symbolique. Le refoulement arrive donc sur la signification au même
temps que sur le signifiant, et des deux, c'est sur le signifiant, c'est sur
cette pointe du museau que l'interpretation peut agir.
Quand Enrique Ratin a presenté son travail dans la dernière
Reunião Lacanoamericana de Psicanálise, a Porto Alegre,
intitulé El bobo de Lacan y sus efectos de sentido,
il ne fit pas une traduction du "bobo" français on espagnol et moi,
que jusque là prenait connaissance de ce bégayement, je pensais
qu'il allait parler du buffon, du fou du Roi, qu'en espagnol, comme en portugais,
on dit bobo; et à partir de ce moment, j'ai associé
ce bobo à la dérision du signifiant. C'est ainsi que je comprend
l'action, die Tat, l'action du langage sur le signifiant. C'est à
travers cette action, enfin, que l'on peut avoir l'espoir de quelque
lumière. C'est par là que chaqu'un pourra donner, si Madame
Françoise Sagan me permet la paraphrase, son bon jour à la tristesse,
c'est-à-dire son bon jour au phallus. Et pour cela il faut ramener
le signifiant a ce lieu hors du sens, a ce lieu ou il n'y a pas de sens.
Et la façon d'y parvenir, on l'obtiendrait en le destituant de sa
valeur grossartig, grandiose, magnifique, et pour cela, exploiter son
aspect lächerlich, ridicule, dérisoire, semble être
une bonne idée. C'est pour cela que je vous propose que
Du sublime au ridicule
il n'y a qu'un pas, c'est le pas de sens.